mutuellepoitiers.jpg
peng s-pub-matha mag-2017-3.jpg
Les Églises : Saint-Hérie PDF Imprimer Envoyer

Église Saint-Hérie - Voir l'Église de Marestay

 

L’église Saint-Barthélémy de Saint-Hérie a été bâtie pendant le règne de Charlemagne. Seule sa majestueuse façade, en partie mutilée, ainsi que certaines des fenêtres des murs gouttereaux ont été conservées de l’époque romane. Cette façade rectangulaire, telle un arc de triomphe, est divisée en trois parties par de hautes colonnes. Le chœur a été reconstruit, sans doute à partir du XIII° siècle, de style gothique, avec une abside en polygone de grande hauteur qui  prend toute sa cohérence au sein de l'église romane. Les vitraux contemporains qui ont été mis en place en 2002 sont une réussite extraordinaire.  Si St-Hérie est un édifice hétérogène, les différents styles s'articulent, comme si chacun laissait sa place à l'autre, sans aucune contrainte.

Histoire de Saint Barthélemy:

Barthélemy est, selon la Bible, l'un des douze apôtres accompagnant Jésus-Christ, d'après les Évangiles synoptiques de Matthieu, de Marc et de Luc. C'est un saint chrétien fêté le 24 août en Occident et le 25 août ou le 11 juin (avec Barnabé) en Orient. La tradition l'identifie généralement au Nathanaël du chapitre 1-47 de l'Évangile selon Jean, pour son association étroite avec l'apôtre Philippe.

Il aurait évangélisé l’Arabie (où il aurait laissé un exemplaire en hébreu de l'évangile selon Matthieu), la Perse et l'Inde (d'après Eusèbe de Césarée et Saint Jérôme).

Bien que certaines traditions affirment qu’il fut crucifié, noyé ou décapité, Barthélemy porte en attribut, la dépouille de sa propre peau parce qu’il fut aussi écorché vif. Quelquefois, il tient en main le grand couteau qui servit à son supplice. Saint Dorothée affirme expressément qu'il a été crucifié, et il ajoute que son supplice eut lieu dans une ville d'Arménie nommée Albane, et crucifié la tête en bas. Saint Théodore assure que l'apôtre a été écorché vif . D'autres historiens prétendent qu'il a eu la tête tranchée. Mais, au fait, cette contradiction n'est qu'apparente; car rien n'empêche de penser que le saint a d'abord été mis en croix, puis, pour plus de souffrances, écorché vif, et enfin décapité. D'après la tradition il est à l'origine, avec Jude, de l'Église apostolique arménienne. C’est le saint patron des bouchers et des tanneurs.

Histoire de l’édifice :

 

L’église de Saint-Hérie a été bâtie sous Charlemagne en style roman. L'évêque de Saintes Ramnulfe a fait donation de cette église à l'abbaye de St-Jean d'Angély en 1083. L'abbé Ausculfe reçut pour mission de la relever de ses ruines avec les Bénédictins. Ce fut fait, mais l'édifice subit bien des remaniements, puis des restaurations, car il fut brûlé et saccagé au cours des guerres.

Le chœur de style gothique, dont la reconstruction est achevée au XV° siècle, comporte donc des ouvertures plus importantes. En 1717, un accident, dont il est bien difficile de préciser la portée, l'endommagea comme l'atteste une note dans les registres paroissiaux: “ l'église Saint-Hérie de Matha est tombée environ une heure avant le jour, dont il est grand dommage puisque c'était une des plus belles églises de la campagne entièrement bâtie par un roi, étant une collégiale où il y avait autrefois douze chanoines ”.
En 1749 des dons seront faits pour sa réédification. Les réparations ont porté sur les colonnes carrées de la nef, le mur sud et le clocher.

L'édifice était défiguré par une fausse voûte en plâtre qui coupait en deux l'élévation du chœur et ne laissait ouvertes que de modestes fenêtres dans les vastes baies gothiques. Il a été inscrit aux Monuments historiques le 10 avril 1912. En 1969, Monsieur Mastorakiss, architecte en chef, mena la reconstruction proche de l'état originel (réouverture des baies, réfection de la voûte, réalisation d'une clef de voûte).

 

Architecture de l’édifice :

L'église Saint-Hérie fut autrefois un superbe édifice. Il n'en subsiste guère que la magnifique façade en arc triomphal, appartenant au type aquitain des façades- écran, mais malheureusement mutilée.

Cette splendide page d'architecture d'un roman très beau et très pur est, disposition rare, terminée non par un pignon mais par une corniche droite, appuyée sur d'intéressants modillons (ornement en forme de S à volutes inégales, placé sous la corniche pour y figurer un chevron).
Divisée dans sa hauteur en deux parties par un entablement, elle a son rez-de-chaussée occupé par un portail à trois voussures, flanqué de deux larges baies aveugles.
L'étage plus élevé et plus orné, traité comme un véritable rez-de-chaussée d'église, présente au centre une immense fenêtre à quatre arcs en plein cintre avec de chaque côté une large baie aveugle à double rouleau dont les cintres retombent sur des groupes de colonnettes.
De hautes colonnes d'angle limitent cet harmonieux ensemble. La baie de gauche a été détruite. Elle abritait autrefois une statue équestre dont il subsiste un tronçon. Celle de droite encadre une belle statue qui serait celle de Sainte-Blandine et dont la tête aurait été retrouvée dans un puits voisin. Deux cordons travaillés traversent la façade à hauteur des tailloirs des chapiteaux.
Toutes les arcatures sont décorées de motifs géométriques, de feuillages et surtout de marguerites. Le tracé est ferme et précis, mais la pierre employée a mal résisté aux intempéries.

Au Nord, seule la dernière fenêtre, proche de la façade, mérite d'être vue attentivement pour son amusante fantaisie. Déjà les claveaux de l'arc présentent une curieuse variété de chimères ailées à têtes diversifiées, mais le linteau échancré qui termine le plein cintre de l'ouverture offre une figuration étrange de cet âge où le démon hantait les imaginations : c'est une large tête diabolique renversée qui croque à belles dents deux damnés qui essaient de fuir par la commissure des lèvres, note caricaturale de Léviathan.

Le mur sud de la nef est divisé en cinq panneaux séparés par de fins pilastres. Chacun d'eux est percé d'une fenêtre romane à chapiteaux et cintres très ornés, mais dont le dessin rude et sec indique une autre main et une autre époque de construction.
L'abside offre un aspect particulier. Reconstruite au XVe sièc1e et très élevée par suite de la disposition du terrain, elle est divisée en sections séparées par de hauts contreforts d'un profil spécial.
Chacune de ces sections était autrefois occupée par une vaste verrière flamboyante, mais par la suite tous les vides ont été murés. Sur le mur de jonction du chevet et de la nef s'élève un pignon campanile à trois baies qui utilise peut-être une partie des murs d'un ancien clocher.

 

Le plan de l'intérieur est celui d'une église à trois nefs, mais rien ne subsiste du roman primitif sauf deux chapiteaux de chaque côté de la porte d'entrée. Les nefs sont séparées par deux rangées de piliers carrés réunis par des arcs surbaissés imposés par le peu d'élévation ses voûtes actuelles en matériaux légers.
Tel qu’il se présente, le chœur de Saint-Hérie de Matha rappelle, en version modeste, le style architectural de l'élévation de la Sainte-Chapelle de Paris. A la fin du siècle dernier, il y avait encore au-dessus du chœur une construction, reste probable d'une ancienne salle de garde ou de refuge. Elle a disparu à la suite d'une restauration.


En 2002, Gérard Lardeur, Maître Verrier a réalisé les vitraux contemporains ; décédé en décembre de cette même année, ce fut sa dernière œuvre. La couleur jaune, le dessin des plombs, les tubes qui tamisent la lumière et adoucissent les formes, amplifient la couleur de la pierre et donnent encore plus d’élan au chœur de l’église. Le «  voile » qui s’envole dans le vitrail central, pourtant fait de verre et de plomb, semble plus léger que l’air. Il fait penser au souffle de l’Esprit qui nous emporte vers le ciel.

 

En 2016, douze bannières réalisées sur de la toile de lin par le peintre Patrick Le Tuault, ont été installées sur les piliers de la nef. Le thème de la vigne, symbolique chrétienne parfaitement adaptée à Matha, pays viticole, a été tout naturellement choisi par l'artiste. Cette œuvre a été baptisée « Terroir divin ».

Pour en savoir plus, téléchargez le pdf (364 ko)

Extrait de "L'inventaire Archéologique" du Dr Texier

Haut de Page