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Histoire & Patrimoine de matha
Seigneurs et Blasons PDF Imprimer Envoyer

Les seigneurs

866 La baronnie de Mathas, a pour chef-lieu le château que Wulgrin Ier (comte d’Angoulême et petit-fils de Charlemagne par sa fille Rotrude, mariée à Roricon comte du Maine et d'Anjou) a fait bâtir.

Wulgrin donne Mathas et Marcillac à un de ses parents Ranulfe, dont les enfants, Lambert, Audouin et Odolric, furent accusés d’avoir voulu empoisonner Sancie, fille de Guillaume, comte de Périgord et femme d’Ademar, comte de Poitiers. Les deux premiers furent mis à mort à cause de cette action. Mais Odolric fit la paix avec son parent, Guillaume Taillefer (nommé ainsi, car en combat singulier, il avait pourfendu la cuirasse de son adversaire), à qui il donna la terre de Montignac et qu’il rétablit dans la vicomté de Marcillac.

Ensuite, la seigneurie de Mathas retombe dans la maison d’Angoulême et devient successivement le berceau de deux branches illustres de cette maison.

1032 Guillaume Ier d’Angoulême, appelé aussi Chaussard, comte de Mathas reçoit en apanage la terre de Mathas

1106 Guillaume Taillefer III d’Angoulême reprend la baronnie de Mathas  donnée en rançon au Duc d’Aquitaine.

1120 Wulgrin Taillefer II comte d’Angoulême reçoit le château de Mathas.

1130 La maison de Chabane se substitue à la première branche, formée par un fils aîné (à qui le duc d’Aquitaine fit payer, par l’expropriation du comté d’Angoulême, le crime dont on accusait sa mère). Elle a pour origine le mariage d’Amélie, héritière des seigneuries de Chabanais et de Confolens avec Guillaume de Matha.

1140 La seconde branche est fondée par un fils du second lit de Wulgrin Taillefer II, comte d’Angoulême, qui donne à ce fils puîné (né après un autre enfant) nommé Foulques, la terre et baronnie de Mathas, à titre d’apanage

1208 Boson de Mastas, seigneur de Cognac, s’empare du château avec l’accord des habitants ; c’est la 1ere manifestation connue de l’opinion publique dans notre histoire locale.

1220 Le château, forteresse importante, appartient à Foulques II de Matha, descendant des comtes d’Angoulême et leur vassal. Il est un des seigneurs choisis pour garant d’une trêve conclue à Bordeaux, le 7 avril 1243, entre les rois de France et d’Angleterre.

1228 Boson de Mastas, se marie avec Pétronille de Bigorre. C’est un justicier et on rapporte qu’il promulgua une loi, par laquelle il ordonnait que tout meurtrier volontaire serait enseveli vif sous le cadavre de sa victime, loi qu’il eut soin de faire exécuter et qui fut suivie en Béarn.

Puis dans l’ordre on trouve plusieurs seigneurs, parmi les plus célébres :

Rogues, baron de Mathas aussi connu sous le nom de Raoul de Mathas, chevalier.

Robert ler, baron de Mathas, chevalier, seigneur de Mornac. Il appelle à sa succession, sa fille Aynord qui obtient en partage le château et la châtellenie de Mathas.

Aliénor de Mathas,  mariée avec Guillaume, sire de Montberon, chevalier .

1356 Louise de Matha (comtesse de Périgord par son mariage) reçoit à la mort de son père (Foulques IV de Matha) Matha, Mornac, Arvert et Royan. Les Seigneurs de Matha sont prospères. Ils possèdent des salines sur le littoral, mais aussi des fiefs, terres et châteaux, et ont droit de basse et haute justice sur tous les habitants de la seigneurie.

1400 Eliénor de Périgord, vicomtesse d ’Aulnay, reçoit le château de son père en donation.

Le 16 août 1405, Marie de Mathas fait avec Jacques, sire de Montberon, un accord à la suite duquel la baronnie de Mathas  passe dans cette maison.

La seigneurie passe donc dans la famille des Montbron. Elle le restera pendant presque cent ans, alliée aux plus grandes lignées nobles de la région et familière des grands royaumes : on trouve dans les généalogies les Chabot de Jarnac, les La Rochechouart, les Chabannes, les La Rochefoucault, les Levis, les Galliot de Genouillac.

1443 Le seigneur de Matha est le vicomte d'Aulnay .

1558 Héritière de Matha, Jacquette de Montbron épouse le vicomte et baron André de Bourdeille.

1582 Le Vicomte de Bourdeille meurt au château de Bourdeilles des suites d'une chute de cheval survenue six ans auparavant. Son épouse qui lui était passionnément attachée fit embaumer son corps qu'elle conserva pieusement pendant plus de six mois. Au mois d'août suivant seulement, elle ordonne ses funérailles « avec beaucoup de magnificence ».

1621 Marie de Médicis habite le château pendant le siège de Saint-Jean-d'Angély par Louis XIII (ville huguenote). Le roi élève la baronnie de Matha au titre de comté.

1649 Louis XIV donne l’ordre de saisir les terres de Charles de Bourdeille, Comte de Matha, un des chefs de troupe de La Fronde.

1686 L'état des paroisses mentionne que le comte de Bourdeille est le seigneur de la paroisse de Saint-Hérie de 161 feux et de celle de Marestay de 178 feux qui produisent de la vigne et du blé.

1778 Henry-Joseph de Bourdeille (qui sera guillotiné en 1794) vend le comté de Matha à René-François-Melchior Begeon de Saint-Même.


Les blasons


Les blasons des villes ont souvent un rapport avec l’histoire.

Matha ne fait pas exception à cette règle. Sur son blason, on peut voir les armes de la famille de Bourdeille dont la couleur des métaux et des émaux a été changée.


La famille de Bourdeille (1) est une des plus illustres de la chevalerie française, de souche royale. Son fondateur en l’an 127, Nicanor est le 6ème fils du roi Nicanomir IV. Il aurait épousé Athilda, fille du roi d'Angleterre. Parti en bateau vers Burdigala (2), pour aider les Aquitains à combattre l’envahisseur, il rencontra une tempête, fut repoussé par les soldats romains et contraint de débarquer dans une des îles de l'estuaire de la Gironde. Cette île abandonnée par ses habitants était infestée de griffons (3). Malgré de nombreuses pertes en hommes, il terrassa le plus grand et le plus fort de ces monstres dont il trancha les 2 pattes.

Il reçu alors pour cet acte de bravoure le surnom de « Griffons ».

Cet exploit qui s’inscrit dans la légende, figurera pour l'avenir sur le blason de la famille de Bourdeille, avec la devise :

« nul ne vaincra le vainqueur des griffons ».

La famille de Bourdeille restera propriétaire du comté de Matha jusqu’en 1778. Elle a marqué la vie de Matha, plus particulièrement grâce à Jacquette de Montbron, femme de lettres, architecte et sculpteur.


(1) Sources: notice généalogique de la maison de Bourdeille (1892)

(2) Cité romaine qui deviendra Bordeaux

(3) Créatures mythologiques à tête de félin sur un corps de rapace

Le blason des Bourdeille figure dans la salle des croisades du palais de Versailles ;  il est

« d'or à deux pattes de griffon de gueules, onglées d'azur, posées l'une sur l'autre en contre -bande »

 



Blason de la famille de Bourdeille                           Blason de la ville de Matha