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Histoire & Patrimoine de matha
Les Châteaux de MATHA : Architecture et Évolution PDF Imprimer Envoyer

Les châteaux de Matha

866 Wulgrin Ier a fait bâtir le 1er château de Matha sur une «une motte cadastrale » pour arrêter la marche des Normands. Le château était probablement une construction en bois au bord de l ’Antenne.

Il n’y a aucun vestige de ce château.

Au cours du moyen âge, une construction en pierres est édifiée pour la baronnie de Mathas.

1242 le roi de France Louis IX, futur Saint Louis conduit la répression contre la révolte fomentée par   Isabelle Taillefer, son fils Henri III d’Angleterre et son mari Hugues de Lusignan. En juin, il arrive devant Matha, et emporte de vive force le donjon défendu par Robert de Montbron. Louis IX fait raser le donjon et déclare Matha « bourg - franc ». Celui-ci contenait, selon l’usage, le « Trésor » de la maison, c’est-à-dire les archives qui ont été ensevelies dans les décombres.

Au XVIème siècle le seigneur de Matha, vicomte d'Aulnay,  habite le château situé sur la « motte » près de la rivière. Le château n’est plus une forteresse médiévale ; c’est une résidence comprenant : un grand corps de logis avec plusieurs appartements, la salle du « trésor », 2 bâtiments (un à l’ouest, l’autre au sud pour les cuisines), des bâtiments contigus avec des toits de protection pour les animaux (bovins, ovins, chevaux et volailles) l’ensemble entouré de jardins potagers et d’ornement. Une chapelle avec tribune et une prison sont aussi répertoriées.

Il est construit sur la butte que l’on peut voir encore aujourd’hui, le dos tourné à la rivière, où seules subsistent les 2 tours.

1582 à 1587 Jacquette de Montbron, héritière de Matha, veuve du vicomte et baron André de Bourdeille,  fait édifier un pavillon renaissance accolé au château.

Jacquette, architecte de plusieurs de ses châteaux, sculpteur et femme de lettres, avait été prise au service de Catherine de Médicis comme l'une de ses dames à la cour de France à Fontainebleau.

Le style des tours trahit l'influence des traités d'architecture de Sebastiano Serlio, architecte consulté par François I° pour le château de Fontainebleau, et auteur de traités d’architectures considérés comme les bases des constructions de la Renaissance. Il ne fait aucun doute que Jacquette de Montbron, fine lettrée, humaniste, parlant italien, avait lu ces écrits et textes qui ont connu un succès et une vulgarisation immense en France à la Renaissance. Ils l’influencèrent certainement, comme en témoigne l’aménagement des façades et le décor à l’italienne. Par contre, la robustesse du pavillon, la hauteur des toitures, la verticalité des façades et la présence du chemin de ronde renvoient à l’imagerie du château français avec son aspect massif, défensif et de ce fait dissuasif. Il perpétue ainsi la tradition de l’architecture française avec comme exemple la tour de la cour ovale du château de Fontainebleau qui abritait au 1° étage la chambre du roi François Ier. Mais cet agencement est atténué par le jeu des travées horizontales, animées par l'alternance fenêtres et niches couronnées, rappelant aussi les architectures florentines sobres et rythmées de Michel Ange à la bibliothèque laurentienne de Florence. Matha fait également pensé au palais des Bartolini - Salimboeni, où cette alternance agrémente le premier étage. Cet agencement, considéré comme fantaisiste en Italie, est retenu comme de style classique pour les édifices français. Le pavillon est une tour carrée de trois étages à cheval sur un vaste porche surbaissé ; elle est flanquée d'une deuxième tour carrée plus petite qui sert de passage et d’escalier pour atteindre les étages. Les fenêtres sont ornées de frontons semi-circulaires aux deux premiers étages ainsi que des niches qui encadrent ces fenêtres ; un chemin de ronde et une toiture d’ardoises seront rajoutés au  XIXe siècle sur la « tour escalier ».Au 1er étage de la nouvelle tour, la chambre de Monsieur le Comte, puis au dessus, 2 autres chambres  (Madame et les filles) et enfin un grenier (les servantes).

Aussi peut- on dire « Jacquette de Montbron architecte du château de Matha » ? Soyons prudent, mais au vu de toutes ces informations, il serait presque impossible de ne pas y croire ; si Jacquette n’avait peut être pas la connaissance technique, elle en avait par ses connaissances en géométrie, toutes les possibilités.

Cette tour est caractérisée par un côté militaire très médiéval dans la forme, accompagné d'une décoration personnelle de l’artiste et de fantaisie « très renaissance italienne ».


dessin château

D’après un dessin de Nicolas Moreau (bibliothèque municipale de Saintes, fonds Nicolas Moreau)


1880 le château est presque en ruine, surtout la partie la plus ancienne. Les pierres sont utilisées pour les constructions dans Matha.

1887 le propriétaire du château, monsieur Bossais avait envisagé d'édifier un pavillon supplémentaire afin que le château soit à nouveau habitable. Mais les travaux ne furent jamais menés à bien.



Plans réalisés par l'architecte Rullier en 1887 pour monsieur Bossais.


Au XXème siècle seul le pavillon renaissance, couvert de lierres, reste debout.

7 mai 195l le château est classé monument historique.

24 mars 1961 le château est acheté par la commune de Matha, après avoir connu plusieurs propriétaires


Les tours avant restauration par la mairie. Photographie de Noë Bourgouin (1961)


De nos jours, les tours sont conservées. L’escalier a été refait dans les années 1970 ; le troisième niveau qui permettait d’accéder au chemin de ronde a été supprimé. La charpente et la couverture ont été également remises en état, afin de mettre le château hors d’eau.

Au premier étage la cheminée a été restaurée ; la plaque du foyer, rachetée depuis par la mairie de Matha, date d’avant la Révolution, comme en témoignent  les 2 pattes de griffons, blason de la famille de Bourdeille.